La résistance bactérienne aux antibiotiques est devenue un des enjeux majeurs en termes de santé publique. En effet à cause principalement de la surconsommation et/ou mauvaise utilisation des antibiotiques, de nombreuses souches de bactéries sont devenues résistantes voir multirésistantes aux antibiotiques actuels. Par ailleurs, très peu de nouveaux antibiotiques sont proposés chaque année sur le marché et ceux qui le sont permettent de lutter principalement que contre une souche de bactérie donnée. Il est donc urgent de trouver des alternatives aux antibiotiques. Plusieurs pistes ont été ou sont à ce jour en cours d’étude comme celle basée sur l’utilisation des bactériophages, de la stimulation immunitaire ou encore des peptides antimicrobiens. Cependant aucune d’entre elles n’a donné de résultat probant lors des essais cliniques de phase I à III. Une autre alternative possible aux antibiotiques repose sur l’utilisation de copolymères cationiques amphiphiles. Ces copolymères synthétiques ont en effet prouvé présenter une très bonne activité antibactérienne contre des bactéries du type Gram+, Gram- et/ou multirésistantes. Ils sont par ailleurs non toxiques et présentent l’avantage de ne pas induire de résistance car ils utilisent un mécanisme d’action ciblant la membrane des bactéries provoquant la lyse de ces dernières. De nombreuses familles de (co)polymères ont été étudiées ces dernières années comme les polyacryliques, polymethacryliques, polyionenes ou les polymaleimides par exemple, mais presque exclusivement in vitro. Une utilisation in vivo de ces copolymères nécessite en effet que ces derniers soient dégradables. Or très peu de copolymères antibactériens dégradables ont été développés jusqu’à ce jour à cause du choix limité de monomères. Parmi eux, les polycarbonates sont certainement la famille de polymères dégradables qui a donné les résultats les plus encourageants lors des tests in vivo. Le but de ce projet est de synthétiser de nouveaux copolymères cationiques antibactériens dégradables en utilisant la polymérisation radicalaire par ouverture de cycle (rROP) afin de proposer une nouvelle alternative aux antibiotiques et qui soit par ailleurs extrapolable à l’échelle industrielle. De tels copolymères représenteraient une avancée majeure dans la lutte contre la résistance bactérienne et le traitement des infections systémiques.
Marc MARESCA
participant
Cédric JACQUELINE
participant
Jean-Michel BOLLA
participant
Yohann GUILLANEUF
coordinator
Institut des Sciences Moléculaires de Marseille
participant
Thérapeutiques cliniques et expérimentales des infections
participant
Membranes et Cibles Thérapeutiques
participant
Institut de chimie radicalaire
coordinator